22 déc
ÉCONOMIE - Placements : le vin plutôt que la bourse
Le Dauphiné.com - Par Virginie Borlet


Se réfugier dans le vin n’est - a priori - jamais bon signe. Mais puisqu’il s’agit de financiers, on retiendra pour circonstance atténuante la crise bancaire internationale. Terrible erreur de jugement. Si le vin a aujourd’hui le vent en poupe, c’est parce qu’il mue en valeur refuge. Les investisseurs ne boivent pas pour oublier, mais placent pour “performer”.
Échaudés par la finance virtuelle et les produits complexes, les investisseurs se tournent aujourd’hui vers des actifs tangibles. Lingots, diamants, oeuvres d’art…
Chez Elite Adviser, société de gestion luxembourgeoise, on mise ainsi sur les grands crus. « Notre volonté, explique Miriam Mascherin, l’une des deux gérantes du fonds, est un, que les gens comprennent ; deux, que ce soit un produit tangible ; trois, que l’investissement soit complètement décorrélé des marchés actions et obligations.» Un argumentaire en or au paroxysme de la défiance envers les marchés.
Lancé en novembre 2007, le fonds d’investissement spécialisé Nobles Crus affiche aujourd’hui 13 millions d’euros d’actifs et une performance de plus de 20% depuis le début de l’année. Sa recette ? Viser uniquement
le haut du tonneau et jouer sur la diversification. Romanée-Conti, Château Margaux, Pétrus, Cheval-Blanc… Le fonds investit à hauteur de 70% dans les grands crus et 20% dans les primeurs. Le solde (10%) est détenu en cash. Quant à la diversification, la règle d’or est de ne jamais investir plus de 10% du fonds dans le même produit.
Près de 13 000 bouteilles sont acuellement stockées aux ports francs de Genève, juste à côté des réserves d’or des banques suisses.
« Au pire, nos investisseurs seront contraints de boire un formidable stock de vins! »
Difficile pourtant de croire que les grands crus échapperont durablement à la récession. L’indice Liv-ex (qui synthétise l’évolution des cours de 100 vins français depuis janvier 2004) affiche un déclin de 12% depuis le début de l’année. Alors comment Nobles Crus tirera à long terme son épingle du jeu ? « L’indice Liv-ex est essentiellement basé sur les Bordeaux alors que nous, nous sommes tournés vers les Bourgognes, l’Espagne, et l’Italie, et uniquement les très grands crus. Résultat, aujourd’hui, nous ne sommes absolument pas touchés », se targue Miriam Mascherin.
Et même si le cours des plus grands millésimes devait s’effondrer, reste une consolation de poids : « Au pire du pire, nos investisseurs seront contraints de boire un formidable stock de vins et de le partager entre amis ! » Et ça, aucun subprime n’est en mesure de rivaliser !
REPÈRES DANS LE DÉTAIL
Le vin est évalué tous les mois sur la base de six listes de prix : deux provenant des marchands de vins en Europe, deux des marchands au Royaume-Uni et les deux dernières des ventes aux enchères de Christie’s et Sotheby’s. Lors du rachat, il est possible de récupérer le montant racheté en cash ou bien de racheter du vin. La période d’investissement recommandée est de cinq ans.
EN CHIFFRES
Ticket d’entrée du fonds : 125 000 €. Sur les 200 étiquettes référencées, 90% des bouteilles sont d’origine française et pour plus de la moitié de Bourgogne. 13 000 bouteilles sont aujourd’hui conservées à Genève. Valeur moyenne : 1 000 €.
LES PORTS FRANCS DE GENÈVE
C’est le “Fort Knox” helvète. Un lieu hyper surveillé et hyper verrouillé. Et pour cause : les banques suisses y stockent leurs lingots d’or. Pour sa fonction cave, vibrations, température, humidité et luminosité sont contrôlés 24 heures sur 24. Un oenologue est également présent en permanence. Dernier avantage : implanté en zone franche, Elite Adviser s’affranchit de toute contrainte de TVA.













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